Journée Piou-Piou

On continu l’immersion polynésienne en donnant un coup de main à la sauvegarde d’une vallée de Tahiti, un des trois derniers lieux de vie du petit Monarque de Tahiti « Ōmāma’o ». Un oiseau de 15 cm, endémique de l’île, classé en danger critique d’extinction (Seuls 12 individus étaient connu en 1998). Comme souvent, l’homme n’y est pas étranger :

l’introduction de prédateurs chiens, chats, mais surtout rats noirs. Puis les Busards qui devaient chasser les rats mais préfèrent les petits monarques. Les Acridotheres tristis (Martin Triste) et Bulbul, espèces agressives, s’attaquent directement aux juvéniles. Pour finir, la petite fourmi de feu, menace à sont tour, l’alimentation du monarque.

L’envahissement de l’habitat de l’espèce par le Miconia, appelé « Cancer vert » car il s’agit d’un cas d’invasion biologique spectaculaire. Cette plante est classée parmi les 100 espèces les plus envahissantes et nuisibles au monde par la Commission de sauvegarde des espèces. La seconde plante invasive est le Tulipier du Gabon ou « Pisse-Pisse », comme le Miconia, elle forme des forêts mono-spécifiques, que l’association Manu-SOP tente d’éradiquer dans les 3 vallées refuges du monarque.

Nous avons donc pris rendez-vous ce dimanche pour notre première campagne de restauration des territoires de Monarque de la vallée de PAPEHUE. Après un réveil à 6h… nous retrouvons Jean François Butaud (botaniste), l’équipe de bénévoles motivés et une équipe de tournage. D’ici septembre, vous aurez l’occasion de nous suivre, dans cette aventure, tranquillou devant France 3 😉

Nous avons eu l’occasion d’apprendre de nombreuses choses sur ce petit oiseau et son habitat mais l’avantage d’être encadré par un botaniste passionné, c’est d’avoir des tas d’infos sur la flore. Un régal ! Pour une première « rando » polynésienne nous avons été servi. On nous avait promis des fougères géantes, une végétation dense et des pentes bien raides… ça n’a pas loupé. je vous laisse juger

Après avoir coupé, scié, arraché, planté, étiqueté… on était un peu « Fiu » (prononcez « fiou ») mais ce Monarque juvénile curieux est passé nous remercier pour cette journée de labeur. Les parents n’étaient pas loin mais pas une photo exploitable… (pour info, les adultes sont complètement noirs)

Des nouvelles des piou-piou : Au recensement de 2018, la population frôle désormais la barre des 80 adultes avec 35 couples suivis.

Pour finir dans la vallée, nous rendons une visite rapide et silencieuse aux Salanganes, des oiseaux endémiques des îles de la société. Elles ont cependant disparu de Bora Bora et de Huahine, sont en sursis sur Moorea mais visible sur Tahiti. L’espèce est notée vulnérable à l’extinction. Elles ressemblent à s’y méprendre aux hirondelles mais volent bien plus haut, en plané et ne se posent pratiquement jamais sauf au nid. Leur physique diffère également, avec des ailes plus longues et en forme de faucille, les hirondelles de Tahiti ont une gorge rouge. On les appelle d’ailleurs « Ope’a » en Polynésien, comme les Hirondelles. En résumé, Les Salanganes se rapprocheraient plus de nos Martinets provençaux.

Elles nichent directement dans la falaise. Chaque alvéole constitue un nid (au centre, sur la 2ème image, pas moins de 300 ! La 3ème photo provient du site web de l’association « Manu »). Les nids étaient fortement appréciés des Chinois. Ce mets était réputé (et il l’est encore…) être un sérum de jeunesse et un excellent fortifiant.

Coordonnées de l’association : site web ou Facebook pour les curieux 😉

Après ces effort, nous sommes aller rendre visite à mon copain « Picasso » pour une baignade bien mérité

Laisser un commentaire