Les huit îles que compte l’archipel d’Hawaii sont la formation « récente » (pour le temps géologique) d’une chaine de plus de 80 volcans. Les plus anciens se trouvent au Nord Ouest et plus on se déplace vers le Sud Est, plus les volcans sont jeunes. La chaine se termine par l’île d’Hawaii et le Lo’Ihi qui est encore sous la surface de l’océan. Chacun de ces volcans s’est formé à cause d’un point chaud, unique et stationnaire. La chaleur monte et fait fondre la roche qui se transforme en magma. Arrivant à la surface, c’est l’éruption. En même temps, la plaque Pacifique migre lentement vers le Nord Ouest (5 à 10 cm par an). Le volcan (mais pas le point chaud) se déplace et emporte avec lui les terres émergées formées par les différentes éruptions. Ce « Hotspot » reste au même endroit, produisant de nouvelles terres par le biais d’éruptions et la plaque Pacifique les emporte. La formation géologique de cette chaine reflète le voyage légendaire de la divinité hawaiienne « Pélé », créatrice de nouvelles terres.


Une île, 5 volcans dont 3 actifs et 2 Jours pour visiter Big Island, ça va être sport ! Nous choisissons donc de prendre le premier vol et commandons un « Uber » pour 3h30…
La météo sur place est annoncée humide mais en vol, nous apercevons le Mauna Kea qui dépasse des nuages. Ce volcan endormi, a l’avantage de culminer à 4207m (pour le cratère Pu’u Wekiu). La décision est rapidement prise de commencer notre visite par celui-ci. L’état de la voiture de location se fait sous une pluie battante et nous prenons vite la direction de la route traversière.

Si l’on prend en compte sa partie immergée, le Mauna Kea dépasse l’Everest (8848m) avec ses 10200 m. Il n’est d’ailleurs pas rare de le trouver enneigé et d’y skier en janvier et février (mais sans remontées mécaniques). Il fait face à son frère, le Mauna Loa, à peine moins haut avec 4169m.


Une route non goudronnée permet l’accès à l’observatoire astronomique du sommet mais il n’est possible de s’y engager qu’en 4×4. Impossible d’en trouver un à louer et on s’est vite rendu compte que les assurances refusaient de nous couvrir sur les routes non goudronnées… Pour nous finir, un Ranger filtre l’accès. OK, on va prendre l’option grand « décrassage » et monter avec nos pieds. Après 3 ans passés au niveau de la mer, l’effort est loin d’être négligeable ! Pour ceux qui ont la chance de monter en 4×4, à intervalle régulier, des panneaux vous proposent de vous arrêter un moment pour vous acclimater à l’altitude. 4207 mètres de dénivelé cela n’est pas simple pour tous les organismes. Mieux vos prendre son temps.
On décide d’aller jeter un coup d’oeil sur un petit cratère. On ne s’équipe pas plus que ça, notre objectif n’est pas loin. Une fois atteint, on se sent super bien. Surtout bien excité d’être là ! Pas de soucis, on continue. Bon, on n’a qu’un gilet léger (j’ai même gardé mon collier de perles et mon sac à main…) mais on a de bonnes chaussures et une motivation folle ! Le Trail est donné pour 7h… et on n’a que 3h max. Autant vous dire que malgré un rythme soutenu, on n’est jamais arrivé en haut (il ne manquait pas grand chose, à peine 550m !). On a quand même vu le sommet du Mauna Kea, « apprécié » le manque d’oxygène et adoré la descente en courant dans les cendres volcaniques. Tout ça, face au Mauna Loa et la mer de nuages.




Après ce bon réveil musculaire, on reprend la route pour Kona et plus précisément, le Kekaha Kai State Park. Le climat change complètement. Au programme, une belle plage de sable blanc (ultra fin), entourée de coulées de laves d’un noir profond et une eau cristalline. Un petit plus, il est possible de croiser des tortues et des lions de mer. Avant le réconfort, il faudra un p’tit effort sous un soleil brulant, la plage de Makalawena est à 2,5 km.





Il est maintenant temps de reprendre la route direction Volcano. Croyez moi, les distances n’ont rien à voir avec Tahiti. C’est bien simple, nous roulons toute l’après-midi pour arriver de nuit à location. Mais il y a un avantage à cela, un nuage d’un rouge particulier flottait au dessus de la forêt. Pierre croit deviner la lumière d’une ville et moi je suis persuadée que c’est le Kilauea. Notre hôte nous départage rapidement (nous logeons chez un Ranger), C’est bien la lave du Kilauea qui éclaire ce nuage. Malgré la fatigue de la journée je ne tiens plus en place. Le Ranger me confirme que le parc est ouvert et gratuit la nuit. Ok, fallait pas en dire plus ! On se change ; ambiance bonnet, gants et GoreTex. On est quand même à 1200m, la nuit et en novembre dans l’hémisphère Nord. Une fois au sur place, il faut se souvenir de toutes les indications de notre hôte pour arriver au meilleur point de vu. Quelle surprise de voir autant de monde à cette heure là ! Nous garons la voiture sur un parking et empruntons un morceau de trail pour arriver au bord de la caldeira du Kilauea, juste au dessus du lac de lave du cratère Halema’uma’u. L’ambiance est particulière, les gens d’abord excités sur le chemin, se mettent spontanément à chuchoter une fois sur l’overlook. Ici, pas d’éruption explosive mais un volcan en activité. Son lac se remplit tranquillement.



Les éruptions volcaniques hawaiienne sont réputées « sage » en comparaison d’autres volcans dans le monde. Elles ont donc l’avantage d’être facilement accessibles. La raison est en premier lieu due à la composition chimique du magma. Pauvre en silice, il s’écoule librement et peut libérer du gaz. Le parc informe les visiteurs des taux de dioxyde de souffre et de sulfure d’hydrogène. Il est possible de consulter la qualité de l’air dans le parc ici. D’autre part, le magma des volcans situés en bordure de plaque tectonique (ce qui n’est pas le cas à Hawaii) a tendance à être plus visqueux et contenant plus de gaz. La lave fluide des volcans hawaiiens leur donne aussi cette forme arrondie d’où le nom de volcan bouclier.



Bien choisir son hébergement permet de récupérer correctement et de repartir pour une journée bien dense, comme si c’était la première ! En plus d’être bien placée, notre chambre est décorée avec gout, très propre, super bien équipée (frigo plein mis gracieusement à disposition), et on dispose de toute la documentation possible sur le parc. Un seul regret, n’y rester qu’une nuit ! Voici le lien de leur site. On recommande à 100%. Un p’tit clin d’oeil frenchy, notre Ranger Hawaiien roule en deudeuche 😎

Attaquons cette journée par un tour à l’overlook du Kilauea. L’ambiance est complètement différente. On peine à voir la lave rougeoyer mais on se rend compte de la grandeur du site. Au même endroit que la veille, nous y retrouvons un Ranger équipé d’une lunette qu’il met à disposition des visiteurs.



Nous reprenons la route pour un trail, en voiture. Oui, on a la joue soft ce matin et de toute façon 62 km ça faisait un peu trop long sur la matinée ! C’est parti pour Chain of Craters Road :

Lors de l’éruption en 2018, de nombreuses fractures apparaissent. La coulée de lave de 10 kilomètres qui en était issue se jetait dans l’océan. Elle a agrandi Big Island d’au moins 500.000 m3. Le phénomène s’est accompagné d’effondrements de terrains dans la caldeira du Kilauea. Plus de 660 habitations ont été détruites. Au moment de notre voyage (novembre 2021), il était encore possible de voir la lave rougeoyer mais elle n’arrive plus à l’océan. On la trouve en empruntant le trail au bout de Chain of craters road.
Le long de « Chain of Crater Road », 17 cratères de fosse ont été répertoriés. Ils se forment lorsque la terre se fracture quand un volcan se dilate et sont placés parallèlement aux zones de rift.



Des fissures peu profondes permettent la libération de vapeur d’eau et créées des évents pour les gaz. On les voit distinctement sur cette photo du cater Kilauea. Des fissures plus profondes permettent le transport des gaz volcaniques.

Nous pouvons observer 2 types de lave dans le parc : La lave Pahoehoe apparait lisse. Elle se déplace lentement et peut former des tubes. Alors que la lave ‘A’a est plus rugueuse, déchiqueté et épaisse. Elle se déplace à grande vitesse.
Le magma et la lave sont en réalité la même substance mais à des endroits différents. Le magma se trouve sous terre alors que l’on parlera de lave en surface.




On découvre les vestiges d’une ancienne forêt figée par une précédente éruption.



Les plantes et animaux d’Hawaii ont commencé à évoluer il y a plus de 70 millions d’années. L’isolement de ces terres a fait que plus de 90% de la flore et faune locale est indigène. Nous apprenons que ce niveau d’endémisme surpasse même les îles Galapagos. Comme partout sur la planète, ces écosystèmes font face à de nombreuses menaces (introduction de chèvres, fourmis, rats, chats, plantes envahissantes, diverses maladies et champignons…).
Nous avons eu la chance de croiser l’oiseau d’état, la fierté de Hawaii : Le Néné. Il symbolise l’existence précaire de la faune native de l’archipel. 7 espèces d’oies ont existé sur l’île. Incapables de voler, elles ont été décimées par les anciens Polynésiens. Le Néné est la seule rescapée. Certainement par ce qu’elle a la capacité de voler mais les biologistes reconnaissent que le Néné est plus un marcheur. A la création du parc national il ne restait que 50 individus. Leur protection à permis une augmentation de la population mais cela reste précaire du fait d’attaque de chats et chiens errants, collision avec des voitures mais aussi de balles de golf perdues (Le Néné serait friand des pousses de gazon). Il n’est pas rare que le parc ferme un sentier pour cause de couvaison et l’on trouve absolument partout, des panneaux nous interdisant de nourrir ces animaux (« Don’t feed Néné ») même si celui que nous avons croisé, semblait bien habituer à mendier son repas auprès des automobilistes…


Nous avons aussi été survolés par le ‘Io (espèce de faucon endémique de l’île) mais aucune photo n’est exploitable. Par contre un sympathique faisan Kalij a fait le tour de chaque voiture du parking à la recherche d’un casse croute. Cet oiseau n’a rien d’endémique, il a été introduit comme gibier en 1962.


Nous continuons la visite par le « Kilauea Iki Crater Trail » le but est de descendre dans le cratère.
Pu’upua’i est un énorme cône de cendres qui s’est formé à la suite d’imposantes fontaines de lave de plus de 580m lors de l’éruption de 1959. Les cendres sont des gouttelettes de lave refroidie. Définitivement rien à voir avec la cendre d’un barbecue ! ça s’apparenterait plus à des chocolats « maltesers ». Ces gouttelettes de lave sont nommées les « larmes de Pélé » (article Wikipédia ici). Ce trail en est couvert.





On distingue sur la dernière photo, quelques panaches de vapeur. Nous en avons croisé d’autres à différents endroits du parc et même en pleine forêt. Un trail mène également à des évents de souffres.
Notre visite de Volcans touche à son terme mais nous décidons de profiter de nos derniers instants pour visiter un lava tube.

Les lava tubes, également connus sous le nom de Pyroducs, sont créés par les coulées de lave. Pendant l’éruption, ces tubes peuvent transporter de grandes quantité de lave dont la température reste quasiment constante sur de longues distances. A la fin de l’éruption il ne reste qu’une grotte vide. Très vite ces couloirs souterrains abritent un écosystème remarquable, spécifiquement adapté à la vie troglodytique. Le système de tubes Kazumura dans une coulée du Kilauea vielle de 500 ans, forme un parcours de 65 km (considéré comme le plus long au monde).

Formation d’un lava tube : Les courants centraux des coulées de lave sont rapides, alors que les bords plus lents, se refroidissent et s’épaississent au contact de l’air frais. Au fur et à mesure que la surface de la coulée se refroidit, une croute se forme de chaque côté. Ils finissent de se rejoindre, le tube est formé. Le flux de lave, maintenant isolé, est surchauffé. Il se créé une érosion thermique. Le flux semble creuser le sol. Une fois l’apport de lave terminé, il faut compter plus d’un an pour un refroidissement complet.
Les lavatubes étaient précieux pour les premiers habitants de l’île. La majeure partie d’Hawaii ne compte pas de lacs, étangs et ruisseaux. L’eau potable pouvait être difficile à trouver. Celle qui perlait dans les tubes était filtrée par la roche et du coup souvent récoltée dans des calebasses. Ils étaient aussi utilisés comme sépulture et abri.
Il est temps de rendre la voiture et retrouver l’aéroport de Hilo, sa musique country et son style kitsch parfait (surtout les canapés !!! Tellement plus confortables que les banquettes contemporaines).

Retour sur Tahiti pour préparer l’arrivée tant attendu de Naïs et Lilou ! Je vais essayer de rédiger cet article plus rapidement 😅.
Magnifique documentaire, riche en informations merci pour toutes les belles photos gros bisous.
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Merci 🥰 et désolé pour le retard… On rattrape le temps perdu avec les différents confinements. Les journées ne sont jamais assez longues 😅
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