Comme un cadeau de fin d’année scolaire pour Naïs, Tahiti accueille du 21 au 27 juin, 3 rafale et c’est une première pour le Fenua ! L’armée de l’air et de l’espace conduit une mission nommée Heifara-Wakea (Heifara, couronne de pandanus traditionnelle à Tahiti ; Wakea, divinité hawaïenne liée au ciel). Nous avons l’occasion d’observer 2 A400M, 2 avions ravitailleurs (un A330 et un C135), et trois Rafale.





Le 20 juin, l’unité de la 31e escadre aérienne de ravitaillement et de transport stratégique, décolle de la base d’Istres. Les Rafale, quant à eux, partent des bases aériennes de Saint-Dizier et Mont-de-Marsan. Ils rejoignent 12 heures plus tard, la base aérienne de Travis en Californie. C’est un record mondial de durée pour ces avions de chasse. Ils auront été ravitaillés sept fois pour ce premier trajet. Le 21 juin, avec une durée de déploiement de 39h, l’ensemble de la flotte se pose à Tahiti.


L’A330 qui participant à l’opération est un modèle sorti en 2021. Il a la possibilité de ravitailler deux chasseurs simultanément et transporter jusqu’à 110 tonnes de carburant réparties dans sa voilure. Le Général, chef d’Etat-major de l’Armée de l’Air et de l’Espace Philippe Lavigne, a pour objectif de démontrer sous peu la capacité à déployer une flotte plus importante sur de très longues distances. Ce déploiement lointain et rapide s’inscrit dans la stratégie de défense de la zone indo-pacifique. Cela démontre la capacité de la France à protéger ses ressortissants, ses territoires et ses intérêts, même lointains
Le général Louis Pena explique que le C135 Joue le rôle du bon Samaritain, prêt à secourir un équipage tombé en mer : » En effet, les survols des eaux glacées du Groenland ou l’immensité du Pacifique ne sont pas anodins.«
Moins de 21 heures après le posé, les appareils réalisent un raid en simulant une entrée contestée dans l’espace aérien. Une quarantaine d’autres exercices suivront : De la protection de l’espace aérien, à l’escorte d’aéronef, en passant par les attaques au sol. La présence de l’A400M chargé de matériel, a d’ailleurs permis de réaliser une mission réelle, au profit d’un Casa. Participant à la mission de vaccination Covid, celui-ci était tombé en panne à Fakahina dans les Tuamotu. L’A400 M dispose de capacités exceptionnelles dont la possibilité de poser en 500m.
La coordination de ces différentes missions interarmées, est conduite par le Centre Air de Planification et de Conduite des Opération (CAPCO,) basé à Lyon.
Voici quelques photos publiées par les services des armées. J’ai bien l’impression que les pilotes se sont éclatés 😉





Pierre a eu l’occasion de se rendre à l’aéroport dès le lendemain, pour approcher ces drôles d’oiseaux. Il nous régale de ses photos. Naïs, en cours, rongeait son frein à chaque passage des rafale… Son instructeur d’aéronautique lui propose une visite le vendredi. Cela tombe juste sur sa première journée de brevet. Les avions partant dimanche et jouant de malchance, elle contacte un colonel qu’elle croise régulièrement sur le taramac. N’étant pas sur place, il ne peut pas grand chose pour elle. Heureusement, d’autres bonnes âmes ont tout fait pour qu’elle passe les grilles le samedi. Mille merci ! Seulement, en bonne passionnée, elle a profité de ce moment et a complètement zappé les photos…





Apprenant que le départ est annoncé pour le lendemain à 9h, on règle les réveils. Un passage à la boulangerie et on s’installe bien en avance en bout de piste pour assister au décollage de l’A400M. Sa prise d’élan est hyper courte ! A peine la moitié de la piste.


Un petit incident technique retarde le décollage des Rafale. Parfait ! Nous allons déménager et changer d’angle 😉 Comme vous pouvez l’imaginer, nous ne sommes pas seules. On se retrouve collée au grillage, entourées de passionnés de tout âge et toujours cette ambiance polynésienne amicale. Notre patience est récompensée. Quel spectacle digne de la Fashion Week ! les Rafale défilent devant nous et s’immobilisent sur une même ligne. Les décollages s’enchainent à 20 secondes d’intervalle. Le son nous pénètre avec violence et pour le coup, nous apprécions les distances de sécurité 😉 P’tit bonus fortement apprécié par le public, après un tour de Moorea en moins d’une minute (!) l’escadron nous fait le plaisir de repasser en formation serrée. On en redemande !!!



L’A330 est le dernier avion à décoller. Après un tour de podium, son décollage nous parait bien silencieux 🙂


Heifara n’est que la première phase de projection. La seconde se déroulera à Hawaii. Désormais, place à Wakea. Il s’agira d’une phase de coopération bilatérale avec l’US Air Force.

Explication du logo des missions :
Les couleurs rappellent les drapeaux français, américains, hawaïens et polynésiens. et la couleur sable est liée à l’insularité et aux paysages des îles.
Le ciel est en référence au drapeau polynésien.
La mer évoque l’océan pacifique.
Les cocardes de l’armée de l’air française et l’us air force.
Les motifs sur les aéronefs représentes les hameçons = lien entre les îles ; les dents de requin = protection, férocité et puissance ; les pointes de lance = courage combat guerrier ; les vagues = long voyage.



Nana Heifara et bon vol Wakea !