L’authentique Huahine (1/2)

Cette fois ci, Huahine sera notre décor pour commencer l’année. Hua Hine peu se traduire par « sexe de la femme » cela est peut-être dû à la géographie de l’île ou bien à la pirogue de Hiro qui, selon la légende, aurait coupé l’île en deux. A vous de choisir !

Anciennement appelée To’erau Roa puis Mata’irea, elle se situe à 175 km (environ 40 minutes de vol) au Nord-Ouest de Tahiti, dans le groupe des îles sous le vent, dans l’archipel de la Société.

D’une superficie de 74 km2, c’est une île haute composée de deux massifs, comme Tahiti (Huahine Nui et Huahine Iti), séparés pas un isthme.

Cette voisine de Bora Bora a réussi à se préserver des grands complexes hôteliers. Peuplée depuis plus de 1100 ans, elle offre de sérieux intérêts touristiques. Lagon magnifique, sites historiques majeurs et sentiers de randonnées (bon, pour ces derniers, on en reparlera dans le prochain article). Loin du tourisme de masse, Huahine mérite bien son nom d’authentique.

Nous avons décidé d’en profiter un maximum et prenons le premier avion (réveil à 4h… ça pique). L’avion passe tout près de Moorea (à gauche). Quel spectacle de la découvrir sans un nuage ! Bon, ça ne sera pas le cas de Huahine (à droite. On distingue Huahine Iti, l’isthme et une toute petite partie de Huahine Nui).

Nous posons nos valises au « Maitai Lapita » très tôt et récupérons une voiture de location en attendant que notre chambre soit prête. On attaque par un tour de l’île avec options baignades et visites culturelles. Tour tellement sympa qu’on prolonge la location pour une deuxième journée.

Première halte culturelle à Maeva. De nombreux Marae se trouvent sur un même site, le long du lac Fauna Nui. Marae Fare Ro’I (Maison du lit), Marae Vai-‘Otaha (Source de la frégate), Marae Fare Tai (Maison de la mer), Marae Rauhuru (terme désignant les feuilles de bananier sèches). Un oeil avisé peu découvrir des pétroglyphes sur ce dernier. Cela n’étant pas mon cas et ne sachant où chercher, je me suis contentée des reproductions ici

Le Dr. K P. Emory, du Bishop Museum répertoria 54 Marae sur Huahine en 1925 et 10 supplémentaires ont été ajouté depuis. La majorité ont été bâtis au court du 16ème siècle. Chacun dispose d’un « Ahu » (autel) élevé de deux paliers, c’est le siège des Dieux.

Un Fare Pote’e (maison ovale) sur ce même site, attire l’attention. Répertorié par le Dr Emory, il fut reconstruit à l’identique sous l’impulsion de l’archéologue Yosihiko H.Sinoto, par les habitants de Maeva en 1972. Il s’agit d’une construction traditionnelle. D’abord utilisé comme lieu de rassemblement puis comme Eglise, le Fare Pote’e est aujourd’hui un musée mais aussi un espace culturel. Pour plus d’infos c’est ici. Non loin, une pirogue de haute mer, en bien mauvais état. J’apprends qu’elle naviguait encore en 2015 (dernière photo Reva Tahiti Magazine). Il faut imaginer les premiers Polynésiens, dans l’immensité du Pacifique… On était loin de la croisière !

Les nombreux parcs à poisson du lac dateraient de l’époque des chefferies de Huahine. Des temps les plus reculés de l’occupation de l’île. Restaurés autour de 1880, certain sont encore utilisés de nos jours. Le poisson entre par les ouvertures lors des marées montantes et reste piégé à la marée descendante. Il est ensuite capturé à l’aide de grandes épuisettes. Il s’agit d’une méthode de pêche très simple mais également d’une forme primitive d’aquaculture, permettant de conserver les prises vivantes.

Les Puhi tari’a ou anguilles à oreilles ont élu domicile au creux des racines immergées des Mape (châtaigniers Tahitiens). Une attraction connue dans toute la Polynésie. Pour les habitants, leur présence serait une promesse d’abondance. Nous sommes impressionnés par leur taille. En temps normal, une marchande vend des boîtes de maquereaux aux touristes souhaitant les nourrir, mais nous passons pendant les fêtes et j’imagine que la pandémie a eu raison de ce petit commerce. Bref nous arrivons les mains vides. Ces animaux sont sacrés, on les retrouve dans le mythe du cocotier. Arbre de vie par excellence. Le premier aurait germé de la tête d’une anguille (Pu = matrice ; Hi = Jaillit. Soit le réceptacle d’où jaillit la vie). Elles auraient étaient créées à partir des intestins (pour les polynésiens c’est le siège des émotions) d’une divinité première (Ta’aroa).

Toutes ces visites creuses. On fait une pose au restaurant « Chez Tara » où nous rencontrons un merle peu farouche et pique assiette. Le cadre de cette pension est sympa, les plats simples et plutôt copieux. Lors de notre second tour de l’île nous aurions souhaité trouver une roulotte ou du moins un marchand de fruit mais le 1er Janvier, l’île est déserte. Comme la quasi totalité des touristes affamés, nous nous sommes rabattu sur le Mahana. Un de deux seul lieu de restauration ce jour. Je cherche mes mots… Le personnel était débordé, plats plus que limites (salade césar avec 5 crevettes, 5 croutons et heureusement de la salade) mais le pire sera l’accueil. On ne m’avait encore jamais dit de « dégager » alors que j’allais payer. Donc, même si la plage est superbe, les bungalows, rustiques, sont les uns sur les autres et la restauration… vous aurez compris. Je ne pourrai que vous conseiller de passer votre chemin et tester le Maitai Lapita (plus d’infos dans le prochain article). Sachez que la plage est accessible par le Marae Anini.

Le Marae Anini était dédié au Dieu Oro. Dieu de la guerre et de l’honneur, pour qui était fait la majorité des sacrifices humains. En 1818 le dernier prêtre du Marae confie au Révérant William Ellis qu’il se souvenait d’au moins 14 sacrifices humains. Ambiance !

N’hésitez pas à profiter des fonds marins magnifiques. La visibilité n’était pas terrible mais nous avons eu le plaisir de croiser entre autre, une Raie Aigle et un très beau Baliste Titan.

3 commentaires Ajouter un commentaire

  1. merci merci, bon je suis impatiente de faire le voyage
    je vous embrasse tous les trois

    J’aime

    1. Avatar de chtitmanue chtitmanue dit :

      On va bientôt re-commencer à compter les semaines ! Bisous

      J’aime

Laisser un commentaire