Bora Bora, le lagon oui, mais pas que !

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Elle fait partie des île sous le vent, dans l’archipel de la Société. Située à 255 km soit moins d’une heure de vol au Nord Ouest de Tahiti, Bora Bora est une toute petite île de 30 km2 pour moins de 10000 habitants.

En tahitien « Pora Pora » voudrait dire première née (il n’y a pas de « b » en Tahitien), Car l’île aurait été crée par le Dieu Taaroa juste après Raiatea. Elle portait autrefois le nom de Vavau. L’île, d’origine volcanique, est entourée d’un récif barrière partiellement exondé, formant des atolls et dispose d’une passe unique : Teavanui.

Découverte par Jakkob Roggeveen en 1722, Cook y débarqua en 1769 et la nomma Bora Bora puis comme toutes les îles sous le vent, elle est annexée par la France en 1888.

Côté économie, Bora Bora voit débarquer en moyenne 100000 touristes par an mais semble maîtriser ce flux. Elle reçoit régulièrement des prix comme la Marianne d’or en 2007 pour la préservation de l’environnement ou 5 années d’affilées, le Pavillon Bleu d’Europe pour sa gestion de l’eau. On y trouve une concentration impressionnante d’hôtels 5* comme Le Hilton, L’InterContinental, Le Méridien, Le Four Seasons, Le St Regis, Le Pearl Beach, Le Maitai Polynesia ou le Sofitel.

Je récupère Naïs à la sortie du collège vendredi, direction l’aéroport. Pas le temps de repasser par la maison. Pierre lui, est déjà sur Bora Bora pour son travail. L’aéroport se situe sur un motu, nous prenons une navette qui nous amène sur l’île principale. Là un employé du « Oa Oa Lodge » nous attend. Nous apprendrons à la fin du séjour que nous logeons dans un hôtel familial et qu’il sont également les fondateurs de l’école de plongée de Poticcio « Maeva Plongée », en Corse. Notre bungalow est en partie sur pilotis, c’est une première pour nous. La vue est parfaite et nous avons la chance de profiter des dernières couleurs du Sunset. L’hôtel étant en cours de réfection, il ne dispose plus de restaurant. On se débrouillera avec les nombreuses roulottes de Vaitape. C’est l’avantage de loger sur l’île et également un moyen de faire quelques économies 😉 car nous notons de suite une belle inflation…

La première journée sera l’occasion de prendre un peu de hauteur. Nous partons à l’assaut du mont Pahia (661m) ou plutôt Pa’ihia qui signifie « qui a été frappé ». La légende nous rapporte que deux guerriers de Tahiti seraient venus voler cette montagne. Hiro, son fils Marama et leur coq étaient sur un motu. Le coq qui a vu les guerriers et s’est mis à chanter pour prévenir du danger. Pour le faire taire, les guerriers le tuèrent mais Marana furieux frappa la montagne pour faire tomber les guerriers. Ils formèrent deux motus à la pointe Sud de l’île. Depuis, une cavité est présente sur le flanc de la montagne.

Après avoir cherché notre chemin dans une végétation exubérante, nous attaquons une ascension qui ne cessera qu’au sommet. L’effort est important mais largement récompensé !

à 20km de bora nous avons le plaisir d’observer Tahaa (entre les 2 sommets), l’île vanille, que nous avions eu le plaisir de découvrir il y a tout juste un an. Nous découvrons également l’atoll de Tupai, en forme de coeur (bon, c’est pas très clair sur la photo mais vous pouvez vérifier sur maps !)

Name code : BobCat

Nous savons tous que le 7 décembre 1941, la base américaine de Pearl Harbor a été attaquée par l’aviation japonaise, mais peu d’entre nous savent que Bora Bora était une base avancée de l’armée américaine au cours de la seconde guerre mondiale.

Afin de protéger l’Australie et la Nouvelle Zélande, l’état-major américain doit trouver une île servant de dépôt d’essence, de munition et ayant la possibilité d’encrer leur flotte en toute sécurité. Le choque de l’attaque de leur base sur Hawaii est telle, qu’à peine 2 semaines plus tard, Bora Bora est désignée base de ravitaillement et d’hydravions du Pacifique Sud.

L’opération nommée BobCat, est dirigée par l’amiral Turner. L’île a été choisie pour son immense lagon dans lequel on ne pénètre que par une unique passe facilement contrôlable avec des sous-marins. De plus, les montagnes permettent la dissimulation de défenses anti-aériennes. Les américains craignant une nouvelle attaque des japonais.

Alors que cette petite île compte à peine plus de 1000 habitants, le 17 février 1942, environ 4600 GI’s débarquent d’une flotte impressionnante, partie un mois plus tôt de Charleston. Des travaux d’infrastructure sont immédiatement engagés : installation de 8 canons de 7 pouces et des batteries anti-aériennes (DCA), établissement de la route de ceinture, captage d’eau, usine électrique, quais, piste d’atterrissage… Bora Bora fut longtemps la seule île de Polynésie a avoir une piste permettant l’atterrissage de gros porteurs (premier vol officiel à Bora Bora 1943 contre 1961 pour Tahiti). Bobcat en chiffres : 1941 à 1946, 1200 navires y ont accosté, déchargé près de 50 000 tonnes de fret, 45 y ont été réparés pour de lourdes avaries, de nombreux autres ont été ravitaillés en eaux douce et essence et plus de 20 000 hommes y ont débarqué.

Pour les américains, il s’agissait d’un premier essai de déploiement grandeur nature. L’exercice leur a permis d’affiner leur organisation par exemple pour l’installation sur l’île de Guam.

Plus d’info en anglais ici, en français

Bien trop curieux, nous sommes allés voir ces fameux vestiges. Les 8 canons et quelques bunkers sont encore visibles, de même que le quai de déchargement de Farepiti et bien entendu, la piste de l’aéroport. Nous empruntons trois vélos et hop, direction la pointe Tuiahora en face de l’hôtel 5* Le St Régis… La vue doit être pas mal ! Accueillis par la propriétaire du terrain, elle nous apprend qu’il y a également un accès à une petite plage. On ne va pas s’en priver ! Nous récupérons notre guide (le chien de la famille), entamons une courte balade et arrivons au bunker puis aux deux canons. La vue est imprenable. Après quelques rafraichissements bien mérités, ce brave guide nous conduit directement dans le lagon, où il semble avoir ses habitudes 😉

50 nuances de bleus…

On n’allait quand même pas partir sans découvrir le fameux lagon de Bora Bora. Les touristes viennent du monde entier pour s’y baigner, on aimerait savoir pourquoi ! Cap’tain Maui vient nous récupérer directement au ponton de l’hôtel. Il nous a organisé un tour personnalisé, le but étant d’en voir un maximum en en minimum de temps…

Premier stop, les requins et raies Pastenagues. Il faut avoué qu’il n’y a plus la même magie que pour les premières fois mais les voir évoluer en toute liberté reste hypnotisant. Nous ne faisons pas de « feeding » donc, dès que ces demoiselles se rendent compte de la supercherie, elles passent leur chemin, tout en grâce.

Nous rejoignons le spot appellé « L’aquarium ». Personnellement, je n’ai jamais vu autant de poissons. Nous passons entre des hôtel de plus en plus gros. Bora Bora, est un peu l’île des superlatifs de ce côté là.

La prochaine pose sera devant le motu Taurere. Là nous assistons à un véritable défilé de raies Léopard. Ces animaux sont plus craintifs que leurs cousines Pastenague. Restons à distance et profitons de ce moment.

C’est maintenant l’heure de l’apéro ! On s’installe dans le lagon turquoise, les pieds dans un sable fin comme de la farine, vue sur le Mont Otemanu, Ukulele et Hinano à la Main… Le kiffe !

Quelques palaces plus loin, nous arrivons sur un groupe de Motus ayant appartenu à l’explorateur Paul-Emile Victor. Motu Tane a été racheté par François Nars (Nars cosmetics), L’accès y est interdit. Nous nous rendons sur Motu Haapiti et visitons un superbe jardin de corail. Nous croisons un immense banc de poissons chirurgiens bagnards, une raie léopard, des poissons coffres et des Bénitiers aux couleurs variées. Je comprends pourquoi Paul-Emile a souhaité finir sa vie dans ce lieu calme, au climat doux. Loin de l’agitation parisienne ou du froid de ses terres d’explorations.

Nous avions entendu de nombreuses choses sur Bora Bora et ses habitants. Nous souhaitions nous faire notre propre idée. Les zones d’habitations de l’île principale ne sont pas particulièrement belles, ok. Les maisons et jardins manquent d’entretien mais partout, nous voyons de petits Faapu sortir de terre. L’épisode Covid a reconnecter l’homme à la nature, pourvu que ça dure ! Personnellement je trouve que cette île a un design parfait. Ces monts Otemanu et Pahia sortant d’un lagon aux multiples bleus, envoutent. Depuis son motu, Paul Emile Victor avait trouvé le nombre d’or dans cette île.

Sans retrouver l’ambiance de plus petites îles (en tout cas moins touristiques), nous trouvons des habitants agréables et partout un petit mot sympa malgré cette fichue pandémie. Il faut dire que nous avons soigneusement évité les lieux trop touristiques comme le restaurant Bloody Marys où le nom des stars venues, s’affiche dès l’entrée.

Nous avons eu l’occasion d’emprunter une nouvelle fois les vélos, voici quelques photos glanées sur la route. Dont le banian ayant inspiré James Cameron pour Avatar. C’est un habitué de Bora Bora, où il arrive à s’isoler (tout en passant au Bloody Mary 😉 )

La réputation de la plage de Matira en faisait un passage obligatoire. En même temps, elle n’a pas de concurrence sur l’île principale. C’est l’unique plage publique. Elle est magnifique, cependant le corail n’est pas en pleine forme… Nous avons été déçus jusqu’au passage d’une tortue. Une belle tortue imbriquée réfugiée dans le lagon car malheureusement blessée. Elle a certainement croisé la route d’un requin et y a laissé une nageoire. J’ai bien sûr fait un signalement à l’association malgré la qualité des photos… Je ne voulais pas la faire fuir mais prendre une photo d’aussi loin ça ne donne pas grand chose d’exploitable.

Nous arrivons au bout de notre voyage. J’espère vous avoir fait voyager et vous donne rendez vous très prochainement. Nous avons la bougeotte en ce moment 😉

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