
Le téléphone sonne tôt ce matin, c’est notre cap’tain. Les baleines à bosses sont de sortie ! On nous récupère à la pension, on saute dans les combines et hop sur le bateau. Le temps n’est pas terrible, heureusement l’amélioration est annoncée. L’observation démarre par le Nord de l’île, la côte Ouest… mais pas de baleines. Nous passons la pointe Sud et commençons la remontée de la côte Est, Toujours pas de baleines. Un peu déçus mais quels paysages magnifiques. Tout à coup, Naïs nous prévient. Elle a repéré une baleine à quelques centaines de mètres du port d’où nous étions partis. La vilaine ! Cap’tain stoppe son bateau et nous observons une maman et son baleineau. L’instant était magique c’est pour cela que je n’ai pas fait de photos. Il aurait été dommage de vivre cet instant à travers la GoPro. La maman baleine n’était pas stable, elle naviguait. Nous avons compris qu’elle ne souhaitait pas de rencontre ce jour, donc pas de mise à l’eau pour nous. L’observation des baleines est réglementé sur la Polynésie et j’ai trouvé Nauma Tavita vraiment respectueux de ces animaux. Sans rancune les filles ! Cette année, les baleines sont en retard et sont plutôt frileuses aux contact humain. Nous avons eu l’occasion de les photographier depuis la plage de notre pension, une Pina Colada à la main (notre vie est terrible !) Bon un zoom aurait été utile mais nous n’avions que nos téléphones 😉



Quelques infos… Elles se donnent rendez-vous à Rurutu, chaque année, pour leur lune de miel mais également pour mettre bas. Pourquoi cette petite île en particulier ? On ne le sait pas. Elle recherche les eaux chaudes. Pour cela, elles effectuent un périple d’au moins 4000km entre l’Antarctique et Rurutu. Megaptera novaeangliae arrive en général début juillet pour ne repartir qu’en octobre, dès que son baleineau a suffisamment de force pour entreprendre cette migration. Elle appartient à la famille des mysticètes, caractérisée par des fanons contrairement aux odontocètes qui sont des cétacés à dents. L’adulte peut atteindre 17 m de long et peser jusqu’à 25 tonnes… Quand elle fait surface, son souffle peut atteindre 3 mètres. C’est ce que l’on recherche quand on fait de l’observation. Elle atteint sa maturité sexuelle à 4 ans, a une gestation de onze mois et sa durée de vie moyenne est de 40 ans. Ses seuls prédateurs sont l’Orque et l’Homme ( Autrefois, les fanons étaient utilisés pour les corsets, les soutiens-gorge ou encore les parapluies, d’où le mot baleine !). Sa technique de pêche est très originale : En groupe, elles entourent un banc de poissons puis créent un filet de bulles pour piéger leurs proies. Il est possible d’en voir partout en Polynésie Française mais elles sont bien plus nombreuses à Rurutu et vraiment très près des côtes car l’île ne possède pas de grand lagon (elle est entourée d’un récif frangeant).
Petite anecdote : Autrefois, à Rurutu, on chassait la baleine. Lorsque les fleurs de Erythrina variegata (ou « arbre aux baleines ») commençaient à éclore, c’était le signal que les baleines arrivaient. La population des trois villages partait à la chasse avec 8 à 10 rameurs et un harponneur par navire. La dernière baleine fut harponnée en 1959. Depuis 1986 un moratoire protège les baleines et en 2002, la Polynésie a été décrété Sanctuaire des mammifères marins. L’approche de ces animaux est règlementé et soumis à autorisation.

Après avoir vu L’île depuis l’océan, nous louons une voiture afin de faire le tour sur la terre ferme. Rurutu est connu comme le jardin de Tahiti. L’île est habilement cultivée. Les parcelles sont organisées et la permaculture est à l’honneur ! Nous croisons de nombreuses plantations de café, bananeraies et pandanus, pour le tressage (la vannerie des Australes est très réputée). Sur Tahiti, on s’arrache le Taro de Rurutu (c’est un peu notre patate géante) et attendons avec impatience la période des litchis de novembre à décembre. En nous promenant, nous remarquons que les routes sont bordées d’arbres fruitiers ; citrons, oranges, pomelos, combawa mais aussi papayes, bananes… On nous explique que leur récolte est libre. Quelle bonne idée ! Je ne regrette pas les platanes de Provence 😉







Chaque habitation possède son cochon et comme à Hiva Oa, on retrouve les chevaux en longe au bord des routes. Sous « la falaise des chèvres » nous découvrons notre premier « Paille-en-queue à brins rouges ». Puis sur de bonnes indications, nous trouvons la petite « plage des amoureux » bien cachée de la route. Nous nous y installons pour le pique nique et L’éclaircie tant attendue nous invite à goûter à l’eau. Un peu fraiche faut l’avouer ! Là plusieurs étoiles de mer d’un bleu électrique nous attendaient. Hormis quelques Poissons Coffres et Tétrodons la faune sous-marine n’y est pas très riche.









En remontant vers le Nord par la côte Ouest, nous faisons une pause sur la plage de Narui afin de voir la grotte Ana Tupapa’u et surtout le « trou du souffleur ». A la différence de celui de Tahiti, Celui-ci n’est pas particulièrement de bruyant mais des gerbes d’eau jaillissent de ses bassins. Donc, nous décidons de l’appeler le trou du cracheur 😉 Plus sérieusement, il semblerait que l’on appelle cela des trompettes-à-marée ou Geyser maritimes. Celui de Rurutu, de son petit nom « Pupu’i », est né d’une interaction entre la nature et le développement économique. Auparavant, il y avait une passe. La « Narui », une rivière d’eau fraiche et douce se jetait dans l’océan en limitant le développement du corail. Son débit a fortement diminué du fait du détournement d’une partie de ses eaux afin d’alimenter des tarodiaires. La passe diminue lentement, le corail en profite pour s’étendre, créant des poches d’air qui se remplissent et font jaillir l’eau au gré des flux et reflux dans la grotte sous marine. Un peu à la façon d’une seringue. Pour la vidéo c’est par là





Il y a des manques sur notre tour de l’île. Nous n’avons pas vu un seul Marae… Ils ne sont pas indiqués, se trouvent souvent sur des terrains privés et le propriétaire n’est pas toujours à côté.
Nous aurions pu faire un crochet par le cimetière de Moerai afin de voir la tombe de Eric De Bisschop. Il fut le premier constructeur d’un catamaran moderne et en relia en 1936, Honolulu à Cannes. Puis en 1939, il construisit le premier trimaran. Il s’opposait à la théorie de Thor Heyerdahl sur l’origine des anciens Polynésiens. Ce dernier, avec son radeau Kon Tiki, avait relié le Pérou à l’atoll de Raroia au Tuamotu en 1947. Pour Bisschop, se sont les polynésiens qui étaient allés sur les côtes sud-américaines et qui en étaient revenus avec la patate douce, pour preuve. Afin de démontrer sa théorie, il effectua cet aller-retour sur un radeau de bambou et trouva la mort aux îles Cook. Son corps fut sur Rurutu selon ses volontés. Il était certainement un grand marin mais également un soutient du maréchal Pétain, hostile à la France libre…
Nous ne sommes pas non plus passés voir la reproduction en plâtre de la statue du Dieu A’a. Elle fut offerte par une britannique passionnée d’art, à la mairie de Moera’i. L’originale en Santal se trouve au British Museum, dans les réserves… La statue devait se trouver sur le Marae de Viriamu (le cavalier qui est également descendant d’une famille royale de Rurutu). La statue de 1,17m a quitté L’île en 1821. A cette époque, la population est passée d’environ 6000 habitants à une centaine. Peu immunisés contre les maladie extérieur, l’arrivée des Européen les a décimés. Les survivants ont fui vers Raiatea où la « London Missionary Society » avait son siège. La statue leur a été offerte comme symbole du renoncement à l’adoration des tiki. De nombreux artistes se sont passionnsé pour cette idole dont Piccaso. Reportage ici



L’art de Rurutu est reconnu.
Pour exemple, en avril 2016, Sotheby’s a vendu un siège de chef de 49 cm, à 1 083 000€ (fiche ici). L’esthétique du siège Bennet repose exclusivement sur sa forme, aucun ornement n’y est présent. L’épure est parfaite.

Commantaires et photos dignes d’un grand reporter…!
On s’y voyait,quelle déception…
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On se faisait une joie de vous faire découvrir le Fenua mais ce n’est que partie remise ! à très vite
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