Malgré une organisation chaotique, nous posons les valises sur Rurutu pour 6 jours. Masques obligatoires pendant le vol pour cause de 2nd vague de Covid… et petite pluie fine à l’arrivée enfin ça, ça ne devrait pas durer !

Notre carte au trésors !
En voyant la carte qui me servait à préparer notre séjour, Naïs a cru que nous partions pour l’Afrique 😉 mais c’est à moins de 574 km au Sud de Tahiti, soit 1h30 de vol de Tahiti, que nous découvrons Rurutu (« Gerbe dressée ») ou de son premier nom Eteroa (« le grand panier ») dans l’archipel des Australes.
Les îles Australes constituent un archipel de 5 îles avec une superficie totale d’environ 152 km2 pour 6000 habitants. Elles s’étendent entre 600 et 1 300 km au sud de Tahiti en Polynésie française.
Petite île de prés de 38 km2 de nature préservée. Encore peu au programme des circuits touristiques (surtout en hiver et encore plus en période de pandémie), les quelques 2000 habitants sont en autosuffisance alimentaire. Aux origines, l’île aurait été peuplée, vers 900 après J.C, par les anciens Polynésiens lors de leur vaste mouvement d’installation. James Cook mentionne l’île en 1769 mais n’y débarque pas. Des missionnaires britanniques s’y implantent de 1852 à 1889 puis Rurutu passe sous protectorat français. Il faut cependant attendre 1946 pour que les lois françaises y soient appliquées.
Façonnée par une forte activité volcanique, elle est créée par un premier point chaud « Tamarii »ou « MacDonald ». Elle s’affaisse lentement (10 millions d’années) entrainant l’apparition d’un récif frangeant puis l’île laisse place à un atoll. Il y a peu (enfin 1,5 millions d’années tout de même), par l’effet du mouvement des plaques tectoniques, un nouveau point chaud soulève Rurutu. Le récif corallien est mis à nu et l’île rehaussée de 100 m. Elles est cernée de façon discontinue par de hautes falaises criblées de grottes et de coulées de lave qui meurent dans le bleu du lagon. Pour aller plus loin c’est par ici !)





Comme un témoin de la résurrection de Rurutu, un monstre, accroché à la falaise Toarutu, gueule entre ouverte, semble menacer les assauts de l’océan. Stalactites et stalagmites semblent soutenir l’énorme mâchoire (on peu voir Pierre, tout petit à l’intérieur). On découvre la bête, en empruntant un sentier dont le nom seul est plein de promesses : « le sentier oublié ». Nous commençons l’approche par la plage et nous retrouvons rapidement sur la « râpe à fromage ». Un pan de corail exondé rappelant l’ustensile de cuisine. Prudence aux vagues et aux marées !








Après quelques grimpettes, nous nous jetons bien volontairement dans la gueule du monstre et nous laissons hypnotisés par le spectacle du fracas des vagues. Cette grotte fut, la première habitation des anciens polynésiens , d’autres sur cette falaise ont eu des fonctions différentes, dont funéraires.
Un petit sentier au dessus de la plage nous amène à une magnifique caverne. Son entrée est ornée de milliers de toiles d’araignée, nous faisant penser à un ciel étoilé. Là, une salle majestueuse par ses dimensions et ses draperies mais Naïs repère une minuscule cavité menant à une plus petite salle, d’un blanc immaculé. C’est surprenant de trouver de telles concrétions, du moins ce qu’il en reste (de nombreux débris de fistuleuses sont au sol). Il est regrettable que les photos ne rendent pas hommage à cette caverne, nous n’avions qu’une petite « GoPro ».
Il n’y a pas de vols ce jour, nous pouvons rentrer à la pension par la plage en longeant la piste de l’aéroport. Cela nous permet de passer par un point d’observation des baleines, le rocher du chien, une coulée de lave et une autre grotte : Ana Taneuapoto, du nom du guerrier qui y vivait. Pour l’anecdote… Tane-Ua-Poto peut se traduire de deux façons : « L’homme qui se protège d’une averse » ou « L’homme à la verge courte ». C’est quand même pas la même affaire 😉 On nous explique qu’il ne reste pas grand chose de cette grotte. Les légionnaires ont dynamité une partie de la falaise afin de réparer les routes endommagées par le cyclone « Peni » en 1980. La cavité vaut tout de même le détour. La colonne de l’entrée est tout simplement gigantesque !





Non loin de la pension Vaitumu, nous rencontrons Viriamu à cheval. Rurutu est également connue pour ses courses de chevaux sur la plage. Viriamu est au accompagnateur équestre mais aussi le champion de l’île. Nous profitons du magnifique lagon pour piquer une tête. C’est l’hiver Austral et nous sommes sur une des îles les méridionales de la Polynésie (donc les plus froides) mais l’eau était agréable (en gros la température estivale de la Méditerranée, la foule en moins, ça passe pour des expat’ !).
Impossible de passer un séjour sur Rurutu sans visiter la grotte rendue célèbre par la visite de François Mitterrand en 1990. Le Président français reçu le fameux « code Rurutu », recueil de 95 textes de lois en vigueur à Rurutu jusqu’en 1945. La grotte Ana A’eo est depuis, connue sous le nom de Grotte Mitterrand. Selon les anciens, les dieux descendaient du ciel par les rayons du soleil qui traversent son plafond. C’était la demeure du deuxième peuple à s’être rendu sur Rurutu les Ati A’iri. Cette grotte était leur temple. Ils y vénéraient des Dieux maléfiques et mangeurs d’hommes. Son nom peut être traduit par « Malsain » ou « qui fait peur ».


















