Cycle de vie, intérêts, menaces et solutions
Cet article s’adresse aux curieux avec une petite tendance scientifique (ce n’est pas ma spécialité… mais la curiosité oui !). L’article est un petit peu long, je préfère vous prévenir mais j’avais envie de partager avec vous ces quelques informations que l’association Tamarii transmet aux élèves lors de formations. Bien entendu nous adaptons notre discourt en fonction du niveau des jeunes 😉 Le but est de les sensibiliser aux enjeux et solutions pour la préservation du corail. Comme on aime ce que l’on connait, nous commençons par la biologie de cet animal si spécial…
Du groupe des Cnidaires, comme les anémones ou les méduses. Bien que très différents, ces animaux partagent tous des caractéristiques communes :
un corps formé d’un sac à paroi double muni d’un seul orifice, entouré d’une couronne de tentacules comportant des cellules urticantes, ainsi qu’un cycle de reproduction particulier.
Le corail se compose d’un « Polype » et d’un squelette externe. De moins d’un millimètre à quelques dizaines de centimètres, le polype est un animal vivant en colonie mais certains sont solitaires (comme le corail jaune. photo3). Le squelette, toujours externe est souvent dur (photo1) mais il peut également être mou (protéinique. photo2).



Les formations que nous observons, sont en fait des colonies d’individus (photos ci-dessous, 1 polype par trou). Les coraux bâtisseurs de récifs (ou Scléractiniaires) sont constitués par des polypes de moins d’un millimètre, capables de précipiter le carbonate de calcium contenu dans l’eau de mer, pour former ensemble, un exosquelette calcaire et dur. Nous ne traiterons dans cet article que de ces derniers.


Indiscrétions sur le Corail...
– Les fossiles de coraux les plus anciens remonteraient à plus de 600 millions d’années. La formation de la grande barrière de corail daterait de plus de 20 millions d’années.
– Protégés dans une loge calcaire appelée calice, les polypes sont capables de se rétracter à la moindre alerte.
– Une ou plusieurs couronnes de tentacules entourent le disque oral. Il peut y en avoir 8 ou un multiple de 6.
– Du grec knide (= ortie), les Cnidaires ont en commun, la présence de cellules venimeuses, les cnidocytes (particulièrement concentrées dans les extrémités).
– Souvent comparé à une amphore, le polype digère ses proies dans une cavité gastrovasculaire. C’est aussi le lieu de formation des cellules reproductrices mâles et femelles.
– La bouche et l’anus partagent le même orifice (comme la méduse).
– De nombreuses espèces de coraux hébergent dans leurs tissus des algues unicellulaires appelées zooxanthelles (espèce de phytoplancton). Cette association est une symbiose vitale pour lui -> cf plus bas.
– Les coraux regroupent de nombreux modes de reproduction sexués et/ou asexués.

La vie intime des Coraux :
La reproduction se déroule sur toute l’année pour certaines espèces. Pour d’autres, quelques pontes nocturnes à l’occasion de la pleine lune de printemps ou encore réduite à une ponte annuelle.
– Leur reproduction est sexuée et/ou asexuée. Les stratégies de reproduction varient en fonction des espèces.
Reproduction sexuée -> à la conquête de nouveaux milieux
Reproduction asexuée -> croissance de la colonie
– 75% des coraux durs sont hermaphrodites
– 75% d’entre eux ont une fécondation externe

Pour la reproduction sexuée et asexuée :
Après la fusion des gamètes, la larve cillée (ou la planula) représente la seule phase libre du corail dans la colonne d’eau. Entrant dans la composition du plancton, elle est dispersée en surface par les courants. Elle s’en détournera pour se rapprocher du fond en quête d’un site de fixation (Roche, mais pas sur le sable). Immobilisée, elle subit une métamorphose pour devenir en quelques heures un polype primaire, bouche ouverte, tentacules déployés et capables de calcifier son squelette. Des polypes secondaires vont se former par un bourgeonnement du polype primaire. Ce dernier mode de reproduction (asexuée) permettra la formation d’une colonie de clones tous reliés les uns aux autres.
À table !
Les polypes zoophages, se nourrissent de petits animaux, le zooplancton, qu’ils chassent la nuit, grâce à leurs tentacules et à des cellules spécialisées : les cnidocytes ou nématocytes (filaments urticants). Les tentacules ne se déploient que la nuit lors de la remontée du plancton. Le Problème est que les mers tropicales sont pauvres en zooplancton.
Cette alimentation ne couvre que 10 à 20% des besoins du polype.
Mais où trouve-il la majeur partie de ses apports énergétiques ?
Une observation attentive des polypes nous montre que ce sont des animaux colorés. Cette coloration est due à la présence, dans les cellules endodermiques, de petites algues unicellulaires, les zooxanthelles. Elles sont de couleur brune, jaune ou verte. Elles sont regroupées dans des vésicules à l’intérieur des cellules de l’endoderme du polype. Leur couleur est due à la présence de pigments photosynthétiques. Elles ont donc besoin de lumière.
Sur le polype, Les zooxanthelles trouvent un milieu stable, à l’abri de la sédimentation, des prédateurs et utilisent ses déchets azotés et phosphatés comme source d’éléments minéraux. Grâce à ces éléments et à la lumière, elles élaborent de la matière organique essentiellement glucidique que le polype utilise comme source essentielle de nourriture.
L’activité métabolique du polype se traduit par les échanges gazeux de la respiration (absorption d’O2 et rejet de CO2). Ce même CO2 utilisé par les zooxanthelles pour la photosynthèse. Cela favorise la précipitation du carbonate de calcium et donc l’élaboration du squelette calcaire. L’absorption du phosphate par les micro-algues favoriserait également la calcification. Des études ont apportées ces dernières théories mais aucun travaux n’a encore été validé.
Zooxanthelles et corail constituent une association à bénéfices réciproques : c’est une symbiose.
Sources : Documentation IYOR2018 ; Université de la Réunion ; Université Claude-Bernard Lyon 1, « Thèse de physiopathologie des coraux » de Julien VIMAL 3 mai 2007.
Dépressifs les récifs ?
les récifs coralliens offrent de nombreux bénéfices aux populations locales mais restent parmi les écosystèmes les plus impactés par le changement climatique.
- Zone de reproduction et nurserie pour les poissons. 30% de la biodiversité marine est abrité dans les récifs.
- Protection contre l’érosion des côtes
- Matériel de construction
- Revenus touristiques
- Pêche nourricière
- Molécule d’importance pharmaceutique
- Un milieu méconnu : 100000 espèces décrites mais plus de 3 millions à découvrir
- 70% des récifs impactés par l’activité humaine
- Milieu précieux (valeur estimé >100000 $/hectare)
Les Menaces :
- Réchauffement climatique. Le corail expulse les zooxanthelles quand la température de l’eau est >29°C et blanchi. Il se prive alors de la majeur partie ses apports nutritifs. Un corail blanc n’est pas mort, mais si la situation perdure, ça sera le cas.
- L’acidification des océans. Ils absorbent 30% du CO2 atmosphérique, cela limite pour l’instant le réchauffement mais augmente leur acidification. Je vous rappelle que le squelette des coraux est calcaire. En 30 ans, le taux de calcification des coraux a diminuée de 40%.
- L’augmentation de la puissance des tempêtes fragilise les récifs.
- La sur-pêche perturbe l’équilibre au sein des récifs.
- Les aménagement terrestres apportent une augmentation de la sédimentation et une modification des courants marin.
- Le tourisme et activités marines ludique. La sur-fréquentation entraine des dégradations. La crème solaire fait des ravages sur les coraux. Pensez aux tee-shirt anti UV !
- La pollution. Les coraux ont la possibilité d’accumuler les polluants (engrais, métaux lourds, égouts, rejets industriel, pétroliers…)
- Les plastiques. L’ingestion de microplastiques multiplie les maladies coralliennes. 120 tonnes sont rejetés par minute…
- La prédation naturelle : l’étoile de mer Acanthaster planci, en surnombre depuis quelques années à cause du déséquilibre dû à la surpêche. Son principal prédateur a quasiment disparu) ; La rascasse volante ou poisson lion en forte croissances dans les eaux tropicales. Elle ne connait pas de réel prédateur.
Des solutions existes :
Question de bon sens et de civilité, les ses solutions sont souvent aussi écologiques qu’économiques. Vous y serez tout aussi gagnant que la nature.
- Réduire sa consommation d’énergie.
- Quand cela est possible, favoriser une « mobilité douce » en plus, bouger c’est bon pour ta santé !
- Économiser l’eau potable
- Refuser les sacs plastics (si si, il y en a encore…)
- Limiter le plastique en général (sur-emballage)
- Trier ses déchets
- Utiliser des produits biodégradables du commerce pour l’entretien ou testez les techniques de grand mère. Cela fait 13 ans que j’utilise 7 ingrédients pour mon ménage et lessive (savon de Marseille, savon noir, noix de lavage, bicarbonate de soude, acide citrique, vinaigre blanc et huile essentielles), de belles économies et pas de temps perdu en préparation. Vous éviterez en plus les polluants des produits du commerce.
- Ne jamais utiliser de crème solaire à la plage. Les « waterproof » n’existent pas
- Consommer des produit locaux et de saison
- Privilégier la pêche durable
- Faire preuve de civisme et de respect même en vacances…
- Informez-vous, impliquez-vous. Nous ne pouvons plus ignorer
… Liste non exhaustive 😉